Beyrouth Carte d’identité

 

 

Superficie : 10 452 km².
- Population : 4 000 000 (estimation de l’administration libanaise). 50 % de la population a moins de 20 ans et 80% de la population est urbaine. 80% de la population est alphabétisée.
- Capitale : Beyrouth (plus d’1 000 000 d’habitants).
- Principales autres villes : Tripoli (200 000 habitants), Saïda (100 000 habitants), Tyr (70 000 habitants), Nabatye (15 000 habitants ) et Zahlé (30 000 habitants).
- Chef de l'État : Emile Lahoud, élu par le Parlement pour 6 ans depuis le 15 octobre 1998.
- Régime : le Liban est une République Parlementaire indépendante depuis 1943.
- Population et ethnies : Arabes (95%), Arméniens (4%), Kurdes, Turcs, Grecs. Par ailleurs, 12% de la population est palestinienne. La communauté libanaise est aussi très présente sur toutes les parties du globe : il y a environ 13 millions de ressortissants d’origine libanaise qui vivent à l’étranger dont 10 700 000 sur le continent américain, 1 200 000 en Afrique, 400 000 en Europe, 400 000 dans les pays arabes et 300 000 en Australie.
- Religion dominante : il y a 17 communautés religieuses officielles au Liban ; musulmans pour 60 %, chrétiens pour 40 %.
- Langues : l’arabe est la langue officielle du Liban. Néanmoins, le français, jouissant d’un statut particulier comme langue de culture et d’éducation, est la langue étrangère la plus utilisée. L’anglais, langue des affaires, voit son usage devenir de plus en plus courant sans vraiment concurrencer le français dans ce pays qui est naturellement trilingue.
- PNB : 16 milliards de US$.
- PNB/habitant : 4 500 US$.
- Croissance annuelle : 6 %
- Salaire moyen : 68 % des ménages ont un revenu inférieur à 10.000 USD
- Taux de chômage : 20 % en moyenne
- Inflation : 2,4 % en 2000 - prévision 2002 : 4 à 5 % avec la mise en place de la TVA à 10%.
- Principales activités : agriculture, construction, tourisme.

 

La capitale Beyrouth

Beyrouth, la capitale de la République Libanaise, a été longtemps considérée, du fait de son emplacement stratégique, comme un carrefour entre les trois continents Asie, Afrique et Europe, et un accès vers l'Orient. Sa population d'un million d'habitants est un mélange unique des cultures orientale et occidentale.

Le nom Beyrouth vient du Phénicien Beroth qui signifie la ville des puits. C'est un des sites les plus anciennement occupés par l'Homme comme l'ont démontré des vestiges de communautés préhistoriques. A l'époque Phénicienne, cependant, c'était une ville secondaire par rapport á Byblos, Sidon et Tyr plus prospères. Une fois occupé par les Romains sous les ordres de Pompey en 64 av. J.-C., Beyrouth a connu la période la plus glorieuse de son histoire. En 15 av. J.-C., elle a été nommée Colonia Julia Augusta Felix Berythus et a reçu le statut de cité romaine. Ce qui a surtout contribué à sa renommée, cependant, fut son école de droit qui, sous Septime Sévère (192 - 211. ap. J.-C.) surpassait les écoles de Constantinople et d'Athènes et rivalisait avec celle de Rome

Beyrouth maintient aujourd'hui son rôle de grand centre culturel avec une grande influence sur le Moyen Orient. Ses huit universités ont formé un grand nombre des principaux dirigeants de la région. Ses journaux et publications sont lus par des milliers de gens dans l'ensemble du Moyen Orient, et Beyrouth reste le centre principal d'édition de la région. C'est un centre commercial, bancaire et financier pour l'ensemble de la région, avec environ 85 banques libanaises et étrangères, d'innombrables sociétés d'import-export et un marché financier de première importance.

La capitale a toujours beaucoup d'attractions touristiques à offrir, parmi elles le musée de l'Université américaine de Beyrouth, le musée de Sursock, la Grotte des pigeons, beaucoup de centres commerciaux, et un grand nombre de restaurants avec les menus succulents des cuisines du monde aussi bien que des spécialités libanaises.

Beyrouth maintient aujourd'hui son rôle de grand centre culturel avec une grande influence sur le Moyen Orient. Ses huit universités ont formé un grand nombre des principaux dirigeants de la région. Ses journaux et publications sont lus par des milliers de gens dans l'ensemble du Moyen Orient, et Beyrouth reste le centre principal d'édition de la région. C'est un centre commercial, bancaire et financier pour l'ensemble de la région, avec environ 85 banques libanaises et étrangères, d'innombrables sociétés d'import-export et un marché financier de première importance.

La capitale a toujours beaucoup d'attractions touristiques à offrir, parmi elles le musée de l'Université américaine de Beyrouth, le musée de Sursock, la Grotte des pigeons, beaucoup de centres commerciaux, et un grand nombre de restaurants avec les menus succulents des cuisines du monde aussi bien que des spécialités libanaises.

CAPITALE MODERNE AU PASSÉ PRESTIGIEUX

Beyrouth , ville de plus d’un million d’habitants , vibre d’une vitalité et d’une énergie qui transparaissent dès le premier abord .

 Ce dynamisme se reflète à travers la position géographique de la capitale : un grand promontoire qui s’avance dans la mer bleue ,dominé à l’arrière par des montagnes spectaculaires . Ville au passé vénérable , Beyrouth était , il y a 5000 ans , une ville prospère sur la côte cananéo-phénicienne.

 

" La ville qui refuse de disparaître "
 

Ayant survécu à une décennie et demie de conflits, Beyrouth a conquis le droit au titre de " La ville qui refuse de disparaître " . Et comme pour faire montre de cette soif de vivre, les Libanais ont entrepris la réalisation d’un vaste projet de reconstruction qui prévoit la mise en place d’une infrastructure urbaine moderne et la création de nouveaux espaces commerciaux et résidentiels dignes du vingt et unième siècle .Le commerce est devenu la seconde nature des Beyrouthins depuis qu’ils avaient découvert - il y a de cela fort longtemps - les avantages de leur cité portuaire et de sa position au carrefour de l’Orient et de l’Occident . Centre financier et place de libre échange de devises , Beyrouth reste un très important centre d’activité commerciale de construction, d’import - export et d’industries légères . Les nombreuses facilités qu’offre Beyrouth en font également un lieu de rencontre idéal qui accueille régulièrement des congrès et où se tiennent des conférences internationales , régionales ou locales . Le port de Beyrouth le plus grand de la Méditerranée orientale , est équipé pour accueillir des dizaines de cargos et de paquebots . Grâce à sa position exceptionnelle , le port de Beyrouth est bien protégé des vents et des courants marins . La modernisation de ses équipements est prévue dans le plan de reconstruction générale du Liban . Quant à l’Aéroport International de Beyrouth , que dessert la compagnie nationale , la Middle East Airlines et de nombreuses compagnies aériennes étrangères , il a fait l’objet d’un réaménagement total .

La reconstruction du centre-ville de Beyrouth a été confiée à la "Société Libanaise pour le Développement et la Reconstruction" (Solidere) dont les parts sont réparties entre les détenteurs des droits sur les terrains et propriétés immobilières endommagées du centre-ville et les nouveaux investisseurs qui ont souscrit les fonds requis pour la reconstruction. L'avoir des 100 000 actionnaires de cette entreprise novatrice excède présentement 1,6 milliards de dollars américains.

 

Khan Antoun Bey... revisité
 

De grands architectes et un paysagiste français Olivier Vidal ont été sollicités pour replanter le décor des anciens souks. Le gros morceau revient à l’Espagnol Rafael Moneo et au bureau de Samir Khaïrallah qui sont chargés de la reconstitution des souks anciens: Ayass, Jamil et Tawilé. 200 unités commerciales seront réparties sur 30000 m2. Le souk des bijoutiers, où «de nombreux commerçants ont déjà investi, en versant des acomptes», est confié à l’Anglais Kevin Dash et à son associé Rafic el-Khoury.


Officiant sur 15000 m2, les Français Valode et Pistres et la Libanaise Annabel Karim Kassar ont dessiné le centre de loisirs. Situé aux abords de la Banque de Syrie et du Liban, il comprend huit cinémas dont le dôme Imax tridimensionnel. Dans ce paysage urbain aux constructions peu élevées (13 à 15 mètres de hauteur), un quatrième bloc regroupera des surfaces consacrées aux marchés de légumes, de fruits, de fleurs, et à des supermarchés.

 
Dans un cinquième sera logé un grand magasin de 15000 m2 de constructions. Le sixième complexe prévu au programme est dessiné par Nabil Tabbara et aura des «fonctions multiples». Bordée par la rue Patriarche Hoayek et la rue Trablous, et dominée par la structure délicate de la vieille mosquée al-Majidiéh, la nouvelle construction s’élèvera à l’emplacement de Khan Antoun Bey, entièrement détruit durant la guerre. Le grand édifice ottoman bâti vers 1860 par Antoun Bey Najjar, négociant beyrouthin ayant fait fortune à Constantinople, était le plus beau caravansérail de la ville. Il avait abrité des consulats étrangers et leurs services postaux, la Banque impériale ottomane avant son transfert en 1892 place des Canons, l’Administration ottomane ainsi que les boutiques de commerçants et d’artisans locaux et étrangers. Le bâtiment était devenu un land mark, c’est-à-dire un point de repère pour les Beyrouthins. «Le khan ne sera pas bâti à l’identique», indique l’architecte Tabbara. Mais « la conception est basée sur la nomenclature et le langage architecturaux de l’ancien bâtiment». La priorité est donnée à «l’inscription dans le site», c’est-à-dire à la définition du volume, de l’échelle, de la silhouette en fonction du paysage urbain.

«Khan Antoun Bey se trouve au sein d’un parcours architectural qui a longtemps été le label des vieux souks. On ne peut pas rester autonome sur ces lieux de l’histoire. Il faut donc assurer la liaison entre ancien et nouveau. Pour cela, il a fallu de prime abord considérer l’importance du choix des matériaux et des façades, et ce afin de refléter l’esprit et d’accentuer la particularité de cet édifice-repère. Le rythme, la cadence et le calibrage du découpage des anciennes façades ont été revisités avec sophistication et légèreté. Dans un sens intrinsèque, voire poétique, il fallait s’en inspirer », explique encore l’architecte. Le grand magasin se présente comme une imposante structure carrée de 60m x 60m et décline une baie centrale de huit mètres d’angle. Doté de cinq niveaux, dont le dernier est légèrement en retrait, il sera érigé en pierre taillée kilsé, incrustée de panneaux en pierre ramlé. Le rez-de-chaussée est longé par une galerie de 13 arcades. Le Mandaloun se niche gracieusement au quatrième et au cinquième étage. Au deuxième, des écrans en fer forgé se déplient légèrement en arc ouvert. Chaque niveau présente 3600 m2 et une hauteur de quatre mètres (plancher-plancher). L’espace intérieur est traversé par un atrium de 17m x 17m. Le tout est couronné par un toit en cuivre abritant les surfaces de services techniques. Selon la réflexion du soleil, il peut virer au rouge ou au vert. Les souks qui comptent au total 100 000 m2 de construction seront desservis par un parking souterrain pouvant contenir 2 500 voitures. Les travaux entrepris par la société espagnole Dimitri Alatzas Asociados sont déjà achevés.

Le projet devrait être opérationnel à partir de 2006. Son coût est estimé à quelque 100 millions de dollars

 

 

L'évènement de l'Automne au Liban

Regard sur « Beyrouth 1965-2002 »

croquis de Jacques Liger-Belair
 

Décidément, Beyrouth est à l’ordre du jour. Le poète Adonis, dans une conférence retentissante, règle d’anciens comptes avec une ville dont il trouve nullissimes l’architecture et l’urbanisme, vilipendant ses élites culturelles confites dans leurs aveuglements sectaires. L’installationniste Marwan Rechmaoui étale un plan de la capitale en caoutchouc (au CCF) pour inciter à réviser le découpage de l’espace citadin qui détermine comportements, codes sociaux, regroupements communautaires, convictions politiques et donc les faits et les événements, notamment dans les zones d’articulation de quartiers adverses, la fameuse ligne verte. Samir Kassir détaille dans un gros ouvrage l’Histoire de Beyrouth, y compris l’évolution des mentalités et des mœurs. Michael F. Davie dirige un travail collectif sur La Maison beyrouthine à trois arcades dont «le degré de perfection spatiale et volumétrique» reste inégalé en Orient. Une vingtaine de jeunes auteurs offrent leurs contributions à Transit Beyrouth, édité par Malu Halasa et Roseanne Saad Khalaf. Dans son installation à la galerie Fennel, Ginane Makki Bacho réfléchit sur les rapports entre la vie et l’art, la guerre et la paix, en confrontant ses expériences beyrouthines et new-yorkaises. J’en passe beaucoup, cinéastes, vidéastes, photographes mémorialistes, romanciers, essayistes, plasticiens, tous axés, d’une manière ou d’une autre, sur Beyrouth. Qui prend une allure de plus en plus mythique dans les travaux des jeunes talents qui montent. Chacun aborde le thème à sa façon, avec sa rancœur ou sa douleur, ses préjugés ou ses craintes, ses souvenirs ou ses espoirs, sa volonté de comprendre, d’expliquer, de justifier, de contester, de fabuler, de provoquer…


À hue et à dia


Inévitablement, la diatribe d’Adonis a déclenché un déluge de ripostes, parfois de philippiques, plus ou moins bien considérées. Beyrouth connaît de nouveau de grandes polémiques à fort coefficient personnel et idéologique, signe d’agressivité, certes, mais aussi de vitalité, malgré le blocage politique et l’anémie économique.Vitalité parfois abusive, comme ces derniers jours où deux Salons du livre, l’un arabe, l’autre francophone, et deux festivals, Home Works II et Docudays, sollicitaient l’amateur qui ne savait plus où donner de la tête. Ce manque de coordination, qui crée tantôt des embouteillages, tantôt des passages à vide, est dommageable pour tout le monde, pour ne pas dire stupide. À tirer le Beyrouthin à hue et à dia, il finira, devant l’embarras de richesses et malgré l’excitation, par faire comme l’âne de Buridan, mort de faim, de soif et de perplexité entre un tas de foin et un seau d’eau, ne sachant lequel attaquer en premier. Comme le dit la vigoureuse expression beyrouthine: «Nazmouha ya chabeb».

 

Retour du refoulé


Parmi les nouveautés, un ouvrage tranche par son design qui reproduit un carnet de croquis à ressort d’un format respectable (42 x 30 cm): Beyrouth 1965-2002. Il groupe des croquis de l’architecte franco-libanais Jacques Liger-Belair sur la « ville heureuse» (1965), la «ville ravagée» (1991-1992) et la «renaissance de la ville» (1995-2002) avec une lettre-préface de Amin Maalouf et une postface de Ghassan Tuéni qui pointe le «retour de la concorde et de l’amour» qui permettra d’« achever de bâtir la cité » et de lui ménager des « lendemains glorieux». Mais la «maison à plusieurs chambres» finira-t-elle par comprendre que sa division intestine signifiera sa chute inéluctable ? On ose à peine l’espérer tant est âpre le ton de certaines controverses qui marquent le retour en force de thèmes longtemps refoulés.


Et pourtant fascinante
 

Contrairement à Adonis, qui juge Beyrouth à l’aune d’une ville occidentale idéale et le trouve défaillant, Jacques Liger-Belair, lui, aborde directement la ville, sans la référer à un quelconque prototype. Il l’adopte d’emblée comme sienne: «ville illusion, ville généreuse, ville gourmande et accueillante, ville unique, ville folle, Beyrouth, ma ville». Ses croquis de 1965 prennent la ville comme elle vient. Il me plaît fort que sa «ville heureuse» s’ouvre sur un panorama au pastel noir, entre mer et cimetière, du quartier des grands hôtels qui était le mien. Ces dessins linéaires aérés au trait vigoureux font le tour du centre-ville, du port au Musée, de la place des Canons au grand Sérail, de Maarad à Ras-Beyrouth. Ils suivent l’itinéraire obligé des albums de cartes postales de l’époque et abordent leurs thèmes de la même façon. Ils évitent, à leur instar, les quartiers tels que Mazraa, Achrafieh, Basta, le patriarcat, les banlieues de la misère au nord et au sud. Liger-Belair ne voit d’abord de la ville que l’aspect pittoresque ou monumental. Celui que retiendrait un touriste de passage. Tout un pan de la réalité urbaine lui échappe, ou du moins ne sollicite pas son coup de crayon. Il faut dire que, pas plus que lui, les Beyrouthins d’origine et d’adoption, dans leur grande majorité, n’ont perçu les prémices de la tourmente qui devait, de la «ville heureuse», faire une «ville ravagée» et pourtant toujours fascinante, n’en déplaise à Adonis qui brûle aujourd’hui ce qu’il avait adoré hier. À l’un des moments les plus noirs du conflit, un Américain tentait d’expliquer au magazine Newsweek pourquoi il restait à Beyrouth: «Cette ville est comme une magnifique fleur vénéneuse au parfum capiteux, nous savons qu’elle nous tue mais nous ne pouvons nous en détacher.» Une ville qui inspire de tels sentiments ne saurait être simplement réduite à la laideur de son architecture d’emprunt ni à l’étroitesse d’esprit de ses intellectuels fanatisés.


Densité émotionnelle
 

La deuxième partie du carnet commence par une carte de la ligne de démarcation avec une surimpression en rouge sur papier calque. Liger-Belair a raison, cette ligne était loin d’être verte. Les dessins datent de 1991-1992, après la guerre, avant la reconstruction, lorsque les Beyrouthins découvraient, effarés, l’ampleur des dégâts. Le trait en est plus dynamique, plus nerveux, voire fébrile, avec des hachures insistantes et des couleurs qui atténuent l’effet de noirceur tout en accentuant l’effet dramatique. La végétation sauvage qui envahit les rues limitrophes de la ligne de démarcation est rendue par des massifs de hachures d’un vert intense, presque phosphorescent. Ces scènes de ruines, de Saint-Michel à Tayouné, de Nasra à la place des Canons, fantomatique et hallucinante dans la lumière du matin, sont saisissantes par les points de vue choisis, les perspectives panoramiques ou resserrées, les plans rapprochés. Liger-Belair ne voit plus ici des archétypes de carte postale, il plonge au cœur de la désolation. Son dessin a gagné en maturité, perdant sa succincte linéarité pour acquérir une dimension de réalité et une densité émotionnelle qui dénotent l’implication personnelle de ce Beyrouthin d’élection.

 

Deux styles
 

Et voici, en 1995, la reconstruction qui démarre, la renaissance progressive de la ville, les champs de fouilles, les cafés populaires improvisés là où prolifèrent aujourd’hui les cafés de luxe, les grues géantes, les grandes excavatrices qui labourent le sol, les bâtiments bâchés, les échafaudages métalliques, Maarad, Foch, Allenby. Dans les dessins, on sent l’excitation de l’architecte, sa capacité nouvelle à camper de grands espaces sans craindre les approches incongrues. À la fin, une fois la reconstruction achevée à Bab Edris, le trait se fait plus léger, le crayon n’appuie plus autant, ne cherche pas à creuser la feuille comme auparavant, il y a une luminosité nouvelle, une sorte de libération de l’espace, quelque chose de clair et de net qui oblige à changer d’approche et de style. Le croquis de l’ancien cinéma Opéra juxtapose les deux styles: en haut, le trait allégé, enlevé, ordonné, en bas, les arcades ottomanes en dessous de la rue traitées avec un trait insistant, répétitif, agité, désordonné.


Un magnifique tribut
 

Tout comme en 1965, les croquis de la ville ravagée et de la ville en reconstruction se limitent à certains secteurs. On dirait que la ville «utile» est la ville ostentatoire, excessive dans la paix comme dans la guerre, la ville qui se donne en spectacle, oublieuse de ce qui d’elle reste en coulisses, visages escamotés, méconnus, comme évacués de l’image qu’une certaine classe s’en donne. Ville invisible doublant la ville qu’on veut bien donner à voir. Il n’empêche que Jacques Liger-Belair est un véritable amateur de Beyrouth, je veux dire un véritable amoureux d’une ville qu’il dote d’un V majuscule. Son ouvrage est un généreux et magnifique tribut à la capacité de résurgence de cette Ville-Phénix «mille fois morte et mille fois revécue» comme l’énonce inoubliablement Nadia Tuéni.


Notre réalité
 

Au-delà de la renaissance architecturale, une renaissance plus essentielle, intellectuelle et artistique, se profile. L’impression qui a longtemps prévalu d’une absence de relève de la génération des années soixante est désormais fausse: tout une génération extrêmement douée et talentueuse de jeunes innovateurs, musiciens, plasticiens, chanteurs, cinéastes, designers, vidéastes, écrivains, poètes, acteurs, danseurs, essayistes, etc., est en train de redonner à Beyrouth une place de choix sur la carte de la création internationale, tissant des liens privilégiés avec d’autres villes, d’autres foyers d’innovation, comme l’atteste l’exposition Bi-Rout à l’institut Goethe dont le volet libanais, montré à Berlin, aurait dû accompagner le volet allemand pour donner du corps au va-et-vient comparatif entre ces deux villes divisées qui cherchent à transcender leurs traumatismes. Cette nouvelle génération ira loin, dans tous les domaines, parce qu’elle colle à son époque, sans le décalage qui existait autrefois, dans un monde moins globalisé, mondialisé, médiatisé, internétisé, un monde moins connecté, entre les artistes du cru et leurs collègues dans le monde. Mais ce n’est pas l’écho du monde qu’elle nous transmet, c’est notre réalité, dans toute sa complexité, qu’elle transmet au monde.
C’est donc, derechef, à Beyrouth que ça se passe, c’est à Beyrouth que ça se passera de plus en plus. (Beyrouth 1965-2002, éditions Dar an-Nahar).

 

 

Cuisine et boissons

Cuisine

Il était déjà fait mention dans la Bible que le pays de Canaan, qui est l’actuel Liban, proposait une gastronomie d’une grande finesse et d’une grande variété grâce à son merveilleux climat méditerranéen, qui lui permet toute l’année d’avoir des fruits et légumes frais en abondance.
La cuisine libanaise s’est enrichie de saveurs nouvelles venues d'ailleurs et elle a affiné les plats basiques, d’origine montagnarde au fil des temps pour atteindre un grand raffinement.

Où manger ?

Au Liban de nombreuses possibilités de restauration s’offrent à vous en fonction de votre budget et de vos goûts culinaires.

-   Sur le pouce : vous trouverez, dans toutes les rues principales, des stands de fallafels (boulettes de purée de pois chiches servies dans un pain rond) et de shawarmas (l'équivalent du fallafel avec de la viande). Ceux-ci sont savoureux, nourrissants et bon marché. De nombreuses échoppes proposent des produits plus occidentaux comme des pizzas, etc.


-
Les gargotes classiques :
elles sont aussi nombreuses et proposent des repas de type snack sur la base de mezzes.
- Les restaurants typiques sont aussi répandus proposant les incontournables mezzes, mais aussi avec un grand choix de plats à base de viande ou de poisson. Tout au long de la principale route côtière, on trouve des restaurants spécialisés dans le poisson.
-
Les restaurants chics offrant des spécialités libanaises et les restaurants de cuisine internationale sont aussi nombreux au Liban, héritage du multiculturalisme qui fait la richesse de ce pays.

 

Les spécialités

Les mezzes

C’est un ensemble de hors-d’œuvre différents pouvant aller de six (petit mezze) à plus de cent plats (mezze de mariage) déposés sur la table et dont on se sert en s’aidant du pain libanais.

Il comprend un choix savant des spécialités suivantes : le tabouleh (salade de persil haché, de blé dur concassé, de tomates, d’oignons et de menthe), le fattouche est l'autre salade vedette. C'est un mélange de légumes de saison : pourpier, laitue, radis, tomates, concombres, persil et menthe ; le batenjan, appelé également baba ghanouj ou metabal, est une purée d'aubergines souvent décorée de grains de grenade ; le houmous, une purée de pois chiches à l’huile de sésame (tehini), parfois agrémenté de pignons frits et de viande ; le kebbé, viande fraîche de mouton ou de veau, battue avec du blé concassé, assaisonnée et servie crue, frite ou grillée ; le labné, sorte de fromage crémeux semblable au yaourt, les rkakates sont des petits chaussons de pâte feuilletée garnis de fromage de chèvre, de crabe ou de viande. Leurs cousins, fourrés de selk (blettes) ou de kechk (délicieux yaourt, fermenté, séché puis réduit en poudre), se nomment fatayers ou sambousecks, les warak enab, feuilles de vigne farcies, et le foul médammas sont des fèves à l’huile.

Un mezze plus élaboré comporte plusieurs sortes de viandes rôties, frites ou grillées, des poissons et des légumes.

Malgré la richesse et l'abondance de ces mezzes, qui fournissent un régime équilibré et peuvent représenter un repas à part entière, la cuisine libanaise offre bien d’autres spécialités de plats qu’il est impossible de citer. Certains, très longs à préparer, ne figurent pas au menu des restaurants, mais se dégustent en famille.

Les poissons

Deux des meilleurs plats de poissons sont la sayadiyah (morceaux de poisson frais cuits avec des oignons, des amandes, des pignons et des épices et servis avec du riz bruni), et le samak tajen bi tahiné (poisson cuit au four avec de l’huile de sésame), le samak nahri des villages installés le long des rivières de montagne.

Les viandes et volailles

La viande d’agneau est la plus appréciée au Liban, où on l’utilise dans de nombreux plats traditionnels tels le kafta (viande hachée accommodée de multiples façons : mélangée avec persil et oignons, c'est le halabi ; associée avec du fromage, c'est la tochka ; le batenjane se prépare avec des aubergines et la khaskhash avec des tomates et du piment) et les kebabs. Les gigots d’agneaux sont souvent farcis de riz, pistaches et amandes. Essayez la moghrabié de poulet, ragoût de petits morceaux de poulet et de mouton avec du couscous, des fèves et des épices ou le farrouj méchoui, poulet grillé servi avec une sauce à l’ail ou le chich taouk (brochettes de poulet mariné avec des épices).

Les pains

Les catégories les plus courantes sont le khoubz arabi (disques de la dimension d’une assiette qui s’ouvrent en deux, horizontalement, quand on les rompt), le markouk (pain de montagne rond, de l’épaisseur d’une feuille de papier, dont le diamètre peut atteindre un mètre), les manakish (pain plat, recouvert de thym finement haché, de grains de sésame et d’huile d’olive, cuit au four, que l’on mange souvent au petit déjeuner) et les lahm bi ajine (pizza arménienne très mince avec de la viande, des tomates et des épices).

Les desserts

Amateurs de douceurs, réjouissez-vous ! Les desserts libanais sont exquis. Les plus répandus sont : la osmaliyeh, un gâteau ayant l’apparence de vermicelles, fourré de fromage crémeux et couvert de sirop, les ma’moul (pâtes fourrées de pistaches ou de noix) et la mouhalabia (pudding de crème de riz garni de confiture de pétales de roses et d’amandes).

Boissons

Les boissons non alcoolisées

- Le traditionnel café arabe : le rituel du café est partie intégrante de l’hospitalité libanaise. Il est épais, fort et légèrement parfumé, le jellab, une délicieuse boisson aux raisins, servie avec des pignons de pin, et l’ayran ou leban, une boisson au yaourt.

 

 

Argent

Monnaie, banque, change

La monnaie du pays est la livre libanaise (LBP). Il existe des billets de 50, 100, 250, 1 000, 5 000, 10 000, 20 000, 50 000 et 100 000 LBP. En raison de l'inflation, les pièces ont disparu de la circulation.
- 1 euro (€) = 1 300 livres libanaises (LBP).

- 1 dollar US (US$) = 1 500 LBP.

Change et moyens de paiement

La livre libanaise est la monnaie nationale, mais le dollar est utilisé dans bon nombre de transactions courantes. Aucun problème pour échanger vos devises dans ce pays où le système bancaire est l’un des plus développés du Moyen-Orient.

Les bureaux de change (il y en a partout dans le pays) acceptent pratiquement toutes les monnaies convertibles.- Accepté dans les plus grands établissements, le paiement par cartes de crédit est de plus en plus répandu dans les boutiques, les restaurants et les hôtels de catégorie supérieure et moyenne. En revanche, dans les hôtels bon marché, les snacks et les restaurants, pour prendre les taxis et les transports en commun,  prévoyez plutôt des espèces en LBP et en US$.
- Vous trouverez des distributeurs automatiques dans les principales grandes villes. Les principaux réseaux sont représentés : Visa, Master Card… Il est presque toujours possible d’y retirer des US$.

Budget

Le Liban est un pays assez cher par rapport aux pays voisins. Le poste le plus conséquent est l'hébergement. En effet, il y a plus d’hôtels de catégorie supérieure que d’hôtels bon marché. Le tarif des chambres est meilleur marché en dehors de Beyrouth. En revanche, de nombreux petits restaurants proposent des prix très abordables.

Hôtels

- Bon marché : entre 19 500 et 39 000 LBP, soit entre15 et 30 €.
- Prix moyens : entre 39 000 et 78 000 LBP, soit entre 30 et 60 €.
- Plus chic : entre 78 000 et 195 000 LBP, soit entre 60 et 150 €.

Restaurants

- Bon marché : entre 13 000 et 19 500 LBP, soit entre 10 et 15 €.
- Prix moyens : entre 19 500 et 39 000 LBP soit entre 15 et 30 €.
- Plus chic : entre 39 000 et 65 000 LPB, soit entre 30 et 50 €.Le prix d’un repas dans les échoppes de type snack ou bistrot du coin se situe entre 3 900 et 6 500 LBP soit 3 et 5 .

 

Transports

- Le trajet en bus urbain coûte entre 500 et 1 000 LBP, soit environ entre 0,40 et 0,80 .
- Un trajet interurbain en bus coûte au maximum 4 000 LBP, soit 3,10 .
- Une course en taxi aéroport  - Beyrouth-centre coûte de 37 500 à 45 000 LBP, soit de 28,80 à 34,60 .
- Un taxi collectif (communément appelé “ Service ») coûte entre 1 000 et 10 000 LBP au maximum pour des transports inter urbains, soit entre 0,80 et 7,70 . Pour Beyrouth / Byblos, prévoir de 2 000 à 3 000 LBP, soit de 1,54 à 2,30 .
- Une location de voiture de petite catégorie coûte de 32 500 à 39 000 LBP, soit de 25 à 30  par jour. Hors saison ou lorsque les véhicules ont plus de 20 000 km, le tarif se négocie plus bas.
- Une location de voiture avec chauffeur coûte environ 143 000 LBP, soit 110 € par jour.
- Essence : elle a beaucoup augmenté en 2001 pour atteindre 17 000 LBP par gallon, soit 850 LBP (soit environ 0,62 ) par litre.

 

Pourboires et marchandage

Il est de bon ton de laisser un pourboire lorsqu'on est satisfait du service. Au Liban, à l'exception de quelques prix fixes, tout peut se négocier, des tarifs des taxis aux prix des hôtels. La plupart des hôtels vous consentiront une réduction si vous séjournez plus de 3 jours. Le marchandage est d’autant plus conseillé en basse saison.

Achats

Vous trouverez au Liban de nombreux articles occidentaux, mais la tradition artisanale, remontant aussi loin que l’histoire, vous permettra d’acheter des créations typiquement locales dans les boutiques des souks ou dans les boutiques de “ l’artisan du Liban ”. De nombreux joailliers proposent des bijoux de valeur de leur propre création. Les artisans libanais fabriquent aussi de nombreuses poteries, des tapis, des objets de cuivre ou en verre soufflé depuis l’époque phénicienne. Une autre spécialité du Liban est aussi la confection de magnifiques étoffes pourpres aux broderies fines et de vêtements aux fils d'or et d'argent.

Comment circuler ?

Le Liban est un tout petit pays ; il suffit d’environ trois heures pour le traverser de bout en bout. Pour se déplacer, la plupart des gens utilisent des taxis collectifs (communément appelés “ Services ”), dont un grand nombre suivent, comme les bus, des itinéraires fixes. Des bus relient aussi Beyrouth et d’autres grandes villes, mais leur fréquence est moindre en comparaison à celle des taxis collectifs. Bus et location de voiture (de base), sont bon marché.

Le bus

C’est le moyen de transport le plus populaire. Le service n'est guère régulier et les véhicules peu nombreux. Les bus publics du réseau urbain de Beyrouth sont rouge et blanc. Il n’y a pas de plan des itinéraires de bus, les destinations sont indiquées sur une pancarte placée derrière la vitre de chaque bus. Des liaisons interurbaines desservent les principales grandes villes du Liban au départ de Beyrouth depuis la gare routière qui se trouve dans le port de Beyrouth (station Charles Helou). Certains autocars plus confortables, comme l'Ahdab, vous permettent de faire l'aller-retour pour Tripoli en une journée. Du rond-point Cola, vous pourrez vous rendre vers la banlieue ou vers Saïda (autocars Bosta), Chtaura, Masna (frontière) et Damas.
Il n'est pas aisé de prendre le bus depuis l'aéroport pour gagner Beyrouth : il faut sortir de l'aéroport en direction de Beyrouth, pour attraper un des bus rouge et blanc de la LCC, ligne 5 à l'arrêt “ Cocodi ”. Nous vous conseillons plutôt de prendre un taxi.

Le taxi

Ils sont repérables à leur plaque d'immatriculation rouge et au luminaire jaune placé sur leur toit. Dans l'ensemble, les chauffeurs comprennent le français ou à défaut l'anglais, mais il est prudent de posséder l'adresse où l'on désire se rendre, écrite en arabe. Attention ! Pensez à négocier le montant de la course impérativement avant de monter dans le taxi, car ceux-ci ne sont pas équipés de compteur. Un taxi peut être loué à la course ou à la journée. Les taxis populaires sont nombreux, et se partagent pour réduire les coûts. Ce sont les fameux taxis collectifs, les “ Services ” comme les nomment les Libanais. Ils peuvent transporter jusqu’à cinq passagers, chacun payant un cinquième du montant de la course.

Les deux grands points de départ des Services pour les liaisons interurbaines au départ de Beyrouth sont : le rond-point Cola si vous allez dans une ville du Sud-Liban et le carrefour Dora si vous désirez vous rendre dans le Nord-Liban.

La voiture

Louer une voiture

Cette solution offre une grande autonomie et elle est abordable compte tenu de la concurrence qui règne sur ce marché et du prix peu élevé du carburant. Des agences de location de voitures sont maintenant implantées dans le hall d’arrivée de l'aéroport de Beyrouth. Les véhicules à boîte de vitesse automatique sont les plus fréquents.

Conduire au Liban

Au Liban, la conduite est à droite (voire adroite !), comme en France. Toutefois il faut conduire prudemment car les routes sont irrégulières et il y a de nombreuses zones en travaux à cause de la reconstruction du pays. Par ailleurs, il y a des embouteillages chroniques en été particulièrement sur les routes côtières. En ville, le stationnement n'est pas trop difficile. Il est généralement gratuit, mais certaines rues sont équipées de parcmètres. Il existe aussi des parkings privés (forfait de 1 000 à 2 000 LBP). Les feux de circulation sont respectés lorsque celle-ci est dense. La circulation est dirigée par la police (casquette et tenue gris sombre), la gendarmerie (treillis de camouflage gris clair, béret rouge vif), ou par des motards de la police (casque blanc, tenue grise, moto américaine).

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